Clemens Vahrmeyer hypnose & accompagnement

Une facette complémentaire en recherche psychocorporelle - l’axe intestin-cerveau

Fatigue persistante, brouillard mental, baisse de moral… Et si la clé ne se trouvait pas uniquement dans le repos ou l’activité physique, mais aussi dans ce que nous mangeons ? Profitant d’un congé sabbatique, j’ai décidé d’explorer cette connexion entre l’intestin et le cerveau à travers une approche expérimentale.

Une expérience avec le jeûne intermittent et le régime cétogène

Durant mon congé sabbatique, mon focus est l’exploration de certaines approches psychocorporelles, notamment la pratique de l’Aïkido. Pourtant, au début de ce congé « sympathique », un contrecoup marqué s’est fait sentir. Après les fêtes de fin d’année, début janvier, alors que je pourrais profiter pleinement de mon temps libre (entre les moments de garde et les nuits saccadées par notre bébé), je ressens une fatigue intense, parfois écrasante, une baisse de moral et un brouillard mental persistant. Peut-être était-ce simplement dû au fait que, débarrassé du rythme du travail et des interactions avec les collègues et les bénéficiaires, j’étais davantage focalisé sur mon propre état ?

Une autre hypothèse commence à émerger. Enrichi par des lectures, des discussions avec ma physiothérapeute, mon auto-observation et quelques expériences précédentes, je me penche sur la question de mon alimentation. Plutôt que de consulter un nutritionniste (ce qui m’aurait coûté cher !), j’ai opté pour une approche intuitive. Pourtant, en tant que praticien en hypnose, écouter mon corps qui parle devrait être une évidence, non ? Eh bien, ce n’est pas encore toujours acquis pour moi, et comme le disent les francophones : le cordonnier est souvent le plus mal chaussé. Heureusement, j’avais déjà commencé à me faire accompagner par une collègue hypnothérapeute, afin de travailler sur mes envies, parfois compulsives, de sucreries et ma consommation, certes modérée mais régulière, d’alcool. De ces séances et des échanges avec ma physiothérapeute, il n’y avait qu’un pas pour aller plus loin.

Ce congé me donne aussi le temps de m’intéresser plus sérieusement à l’impact de l’alimentation sur l’humeur et l’énergie. Plutôt que de me focaliser uniquement sur la sphère psychologique ou corporelle, la psycho-corporalité invite à une vision plus globale, où les émotions, le corps et l’esprit sont interconnectés.

C’est dans cet esprit que je commence à expérimenter, dans un premier temps, un régime cétogène, avant d’adopter rapidement en parallèle le jeûne intermittent.

Régime cétogène, jeûne intermittent et équilibre mental

Le régime cétogène repose sur une réduction drastique des glucides (sucres de toute sorte : glucose, fructose, amidon, donc aussi les pommes de terre et les pâtes), obligeant le corps à utiliser les graisses comme source d’énergie. Le foie transforme ces graisses en corps cétoniques, un carburant stable pour le cerveau, limitant les variations d’énergie et les baisses de moral. Rapidement, j’ai constaté des effets positifs : une humeur plus stable, plus d’énergie et la disparition de mes envies compulsives de sucre ou d’alcool. Ma concentration s’est améliorée, notamment lors de mes lectures et séances de méditation.

Certaines recherches suggèrent que les corps cétoniques exercent un effet neuroprotecteur et améliorent la fonction des mitochondries des neurones, ce qui pourrait expliquer cette sensation de regain d’énergie et de stabilité émotionnelle.

Pour adopter le jeûne intermittent, j’ai espacé l’intervalle entre mon dernier repas de la journée et le premier du lendemain, variant entre 13 et 16 heures. Cette pratique stimule l’autophagie, un processus naturel de nettoyage cellulaire qui réduit l’inflammation et optimise le fonctionnement neuronal.

Le lien et l’interdépendance entre alimentation et bien-être psychique sont appelés l’axe intestin-cerveau. Notre microbiote intestinal, peuplé de milliards de bactéries, influence directement notre système nerveux. Un déséquilibre du microbiote peut favoriser des processus inflammatoires et perturber la production de neurotransmetteurs essentiels à l’humeur et au stress. Les régimes riches en sucres et/ou en aliments ultra-transformés entretiennent ces déséquilibres, ce qui expliquerait ces sensations de fatigue et de baisse de moral que j’ai ressenties après la période des fêtes et son alimentation déséquilibrée. L’axe intestin-cerveau et le microbiote seraient aussi fortement influencés par l’activité physique.

Cela tombe bien, ce congé me permet de pratiquer du sport deux à trois fois par semaine et de faire de longues promenades en forêt avec notre bébé.

Retrouver l’harmonie par l’alimentation

En parallèle, je veille à une alimentation variée. Un article que j’ai lu suggère de consommer des aliments issus d’au moins 30 plantes différentes par semaine, y compris des herbes, des thés et tisanes, des graines, des légumineuses et des aliments fermentés (et je ne pense pas qu’il s’agisse de vin, car justement ce même article met en avant l’influence négative de l’alcool sur le microbiote !)

Après quelques semaines d’expérimentation, les effets positifs sont évidents pour moi. Dès les premiers jours, j’ai retrouvé une énergie plus stable et un moral apaisé. Même mes douleurs articulaires dues à l’arthrose se sont atténuées.

Je me permets des écarts alimentaires exceptionnels, mais lorsqu’ils deviennent trop fréquents, mon corps me le fait rapidement sentir. Cette prise de conscience me permet de réajuster facilement mon alimentation. C’est aussi un entraînement à l’écoute de moi-même, de mon corps et de mes émotions, et une pratique de pleine conscience qui s’intègre naturellement à mon mode de vie alimentaire. En même temps, mon envie de faire des écarts diminue : je trouve plus de plaisir à déguster une salade mêlée bien garnie ou une soupe aux légumes avec des lentilles qu’à engloutir un paquet de Toffifee. Et je préfère désormais un bon thé vert à une bière artisanale. (Bon, en ce qui concerne ces effets, je pense aussi que l’hypnose y est pour quelque chose !)

Cette expérience me confirme ce que la science met de plus en plus en avant : notre alimentation joue un rôle essentiel sur notre état mental. Si certains d’entre vous traversent une phase de fatigue ou de baisse de moral, ne vous privez pas de découvrir des pistes d’amélioration en explorant vos habitudes alimentaires (et de trouver la clef au mieux-être éventuellement dans votre intestin. Pas besoin de chirurgie !)

Se réapproprier son alimentation, c’est aussi retrouver une forme d’autodétermination et de maîtrise sur un acte fondamental de notre existence, et cela peut s’accompagner d’un profond sentiment de satisfaction.

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